D'AUTRES RÉCITS
Escales Africaines ouvre son édition 2026 par une journée consacrée aux récits diasporiques, aux écritures contemporaines et aux voix encore trop peu entendues.
Comment reprendre la main sur les histoires que l'on raconte de soi ? Comment faire émerger des paroles longtemps invisibilisées ? Quels imaginaires construire face aux héritages coloniaux, aux discriminations et aux assignations identitaires ?
Ces questions traverseront une journée de rencontres, de transmission et de création réunissant auteur·rices, journalistes, éditrices et artistes autour de la littérature comme espace de parole, d'émancipation et de transformation.
L'après-midi : un parcours dédié aux scolaires et aux jeunes
Marie-Cé Le Carff invite les jeunes à entrer dans un laboratoire d'éducation artistique immersif afin de s'approprier leurs récits et de les mettre en voix.
Porté par l'association Kréyon, l'atelier interdisciplinaire Littérature et Performance « Grande Caraïbe » propose d'explorer les formes de résistance, de renverser les narratifs extérieurs et d'utiliser l'écriture comme un acte de réparation symbolique.
En soirée : Faire entendre d'autres récits
De 19h00 à 21h00, la rencontre s'ouvre au grand public autour de lectures, d'échanges et de débats consacrés à la place des récits minorés dans les champs médiatiques et littéraires.
Modération : Yasmine Choukairy, journaliste à l'AJAR (Association des Journalistes Antiracistes et Racisé·e·s).
Autour de la table : Maaï Youssef, autrice et politiste ; Assia El Kasmi de PMN Éditions ; et Sihem Benmina, directrice éditoriale de la revue Comme nous brûlons.
À travers leurs perspectives engagées, la littérature sera abordée comme un espace de soin, de lutte, de transmission et de survie face aux rapports de domination.
Clôture : lecture performée et musicale
La journée se conclura par une lecture performée et musicale conçue en résonance avec le travail de la revue Comme nous brûlons autour des récits intimes et collectifs.
Un temps fort où la scène devient un espace d'émancipation et de réappropriation, permettant aux personnes concernées de redevenir pleinement les auteur·rices de leurs propres histoires.
Maaï Youssef
Autrice en fiction et non-fiction narrative, sociologue et politiste spécialiste de l'histoire politique contemporaine de l'Egypte et de la Syrie, les travaux de Maaï Youssef prennent racine dans l’étude des mouvements contestataires et de leur articulation aux récits intimes et littératures contre-hégémoniques.
En 2026, Maaï Youssef a créé et animé le cycle d'ateliers d'écriture Décoloniser la poésie, qui met à l'honneur les productions littéraires d'auteurices contemporain.es racisé.x.es. Elle explore comment les pensées féministes et queer, décoloniales et intersectionnelles irriguent leurs gestes d’écriture. Honorant une longue tradition littéraire où se noue poésie et activisme, écriture et luttes contre les fascismes et autres systèmes d’oppression et de domination, Maaï Youssef défend l'idée que le travail de cette génération d'auteurices constitue une nouvelle avant-garde littéraire, activement à l'œuvre.
PMN Éditions / Assia El Kasmi
Petite maison d'édition indépendante aux lignes éditoriales anti-impérialistes, antiracistes et décoloniales.
Les éditions Premiers Matins de Novembre pensent les livres comme des outils, qui émergent, non pas pour ou avec, mais depuis les luttes en cours ou passées afin de mieux penser le monde et de mieux le transformer.
Comme nous brûlons / Sihem Benmina
BIO
Sihem Benmina est autrice, éditrice et fondatrice de la revue Comme nous brûlons.
PRESENTATION
Comme nous brûlons est une revue de littérature contemporaine métèque basée à Marseille. Cet espace éditorial un lieu de mise en commun du geste littéraire et de la pensée critique. Ce projet accueille des écritures travaillées par les questions de race, d’exil, d’illégalité, de foi, d’héritage et de luttes, qui assument la réinscription des mémoires coloniales et migratoires au cœur de leurs démarches. Comme nous brûlons est porté par le désir d’ouvrir des espaces d’expérimentation poétique pour nos communautés, ainsi que de nourrir une réflexion collective autour de nos pratiques, de nos places et de nos responsabilités dans le monde de l’art. Notre travail tente ainsi de déployer à partir d’une tradition de soin communautaire entendue ici comme pratique de solidarité éditoriale et d’accompagnement critique.
AJAR / Yasmine Choukaïry
Créée en 2023,et représentée par Yasmine Choukaïry ( journaliste et co-présidente ) l’AJAR regroupe aujourd’hui plus de 200 journalistes. Cette association nationale accompagne les professionnel·les de l’information concerné·es par les enjeux liés au racisme et œuvre à la lutte contre les discriminations raciales, tant au sein de la profession que dans les productions médiatiques. L’AJAR soutient les journalistes racisé·es, produit une critique des représentations médiatiques et accompagne les rédactions dans l’adoption de pratiques journalistiques plus justes et inclusives. L’association intervient également dans les établissements scolaires et les écoles de journalisme. Elle mène par ailleurs une réflexion sur les méthodes de recrutement dans les écoles et les rédactions afin d’en faire des espaces réellement accueillants pour les personnes racisées et de contribuer à l’élimination du racisme en leur sein.
Concrètement, l’AJAR a pour mission de briser l’isolement des journalistes confronté·es au racisme, de favoriser l’entraide entre ses membres et de développer une critique journalistique du racisme dans les médias.